|
Syndromes pathologiques |
B - LES GRANDS SYNDROMES PATHOLOGIQUES
(Tableaux 6 et 7)
INTRODUCTIONS
On étudiera :
-
Le syndrome d'insuffisance hépatique : foie absent
-
le syndrome inflammatoire ou syndrome d'agression hépatique
-
Le syndrome de cytolyse : foie présent mais lésé
-
la fonction excrétobiliaire et la cholestase
-
la fibrose hépatique
-
l’alcoolisme
1°/ L'INSUFFISANCE
HEPATOCELLULAIRE
C'est le syndrome du "foie absent"
A - PHYSIOPATHOLOGIE
On l'observe dans deux circonstances :
- Formes aiguës : hépatites toxiques ou virales (cytolytiques)
- Formes chroniques : hépatites chroniques, cirrhoses
Les altérations
biologiques observées dans le plasma apparaîtront si une grande quantité du foie est atteinte
(masse nécrosée > 50 %).
B - EXPLORATION BIOLOGIQUE
1
- Exploration de la fonction anabolique
On oberve une baisse des paramètres suivants
:
- L'albumine : elle est responsable de l'apparition d'oedèmes et d'ascites. La baisse du taux sanguin signe une insuffisance hépatique
profonde et durable.
- Le fibrinogène : sa diminution est un bon test
d'insuffisance cellulaire car sa diminution est tardive : but pronostic
- La transferrine : la diminution est associée à celle de
l'albumine (voir profil protéique).
- Les facteurs de la coagulation :
Dosage global (temps
de QUICK) ou dosage séparés des facteurs II, V, VII, X
(complexe prothrombinique). et IX La diminution de ces facteurs peut signifier
:
. une insuffisance hépatocellulaire
. une
cholestase (ictère par obstruction)
avec défaut d'absorption de la Vit K
- Le cholestérol
On notera la diminution de la fonction d'estérification par baisse du cholestérol estérifié : ce dosage est encore réalisé dans ce cas précis.
2
- Exploration de la fonction catabolique :
- Dosage des acides aminés sanguins et urinaires
On note une élévation par
accumulation des acides aminés sanguins et urinaires (hyperaminoacidémie, hyperaminoacidurie) portant sur les
acides aminés soufrés et aromatiques.
- Ammoniémie.
- Dosage de l'urée
- Dosage de l'acide urique : ne donne que peu de renseignement car
non spécifique et peu sensible.
3
- Dosages enzymatiques
-
Cholestérol estérase
Elle est chargée de l'estérification du cholestérol. Son taux est
abaissé d'où élévation des acides gras libres et diminution du cholestérol
estérifié.
- Les cholinestérases et
pseudocholinestérases
a) Définition
Les
cholinestérases sont au
nombre de deux :
l'acétylcholinestérase
ou cholinestérase vraie (globulaire)
agit sur les esters de la choline :
son substrat naturel est l'acétylcholine.
Elle est présente dans le système
nerveux (synapses) et dans le muscle
strié (jonction neuromusculaire)
la
butyrylcholinestérase (cholinestérase sérique
ou pseudocholinestérase). Elle
n'est pas spécifique d'organe
La procaïne estérase
b) Dosages des cholinestérases
Il se fait par des méthodes colorimétriques
c) Valeurs usuelles
Acétylcholinestérase
: 24 -
36 U/g d'Hb
Butyrylcholinestérase : 2 400 - 8 500 U/l
d) Intérêt cliniques : on observe une
baisse des cholinestérases dans :
- L'insuffisance
hépatocellulaire
elles explorent les
capacités de synthèse du foie. Cependant
du fait de la réserve hépatique,
elles ont un rôle pronostic.
- L'intoxication aux
organophosphorés :
entrainent une diminution des cholinestérases (sérique et globulaire) : ce sont
des inhibiteurs puissants.
- Les déficits enzymatiques
congénitaux (4 % de la
population) : accidents au cours des anesthésies
à la succinylcholine (curare) avec apnée prolongée.
4
- Fonction excrétobiliaire
Elle est très ralentie.
On note cholestase et ictère à bilirubine conjuguée.
5 - Hypertension portale chez le cirrhotique : elle est associée à une hypoalbuminémie avec ascite, et rétention hydrosaline (augmentation de la
sécrétion de rénine et aldostérone).
6
- Bilans biologiques sanguins au cours des insuffisances hépatocellulaires
|
Nature
de l'exploration |
Formes
aiguës |
Formes
chroniques |
|
Etat de choc |
Bilan
ionique + Protéines Equilibre acide-base (Gaz du sang) |
absent |
|
Voie anabolique |
Fibrinogène formes graves Facteurs de coagulation isolés Temps de Quick |
Albumine Facteurs de la coagulation Temps de Quick Bloc Gamma
à l'électrophorèse Cholestérol Biologie des hépatites, cirrhoses |
|
Voie catabolique Ammoniaque Urée |
|
|
|
Cytolyse TGO -
TGP |
|
|
|
Fonction excréto- biliaire |
Bilirubine |
Cholestase : PAL |
C
- PATHOLOGIE : L'ENCEPHALOPATHIE HEPATIQUE
L'encéphalopathie hépatique
a)
Les différents stades :
Ils sont au nombre de 3
b)
L'évaluation de la gravité est
réalisée par :
les signes neurologiques associés à une tendance hémorragique
Troubles de la crase sanguine, associée à une hyperammoniémie et une baisse de l'urée sanguine, troubles cutanés et endocriniens (cirrhoses), de la glycorégulation, insuffisance rénale fonctionnelle.
2°/ LE SYNDROME INFLAMMATOIRE
Suite à une agression
ou à la destruction de cellules, il se produit un déséquilibre au niveau des
protéines plasmatiques. C'est en fait une réaction du système réticulo-endothélial ou mésenchymateuse. Il n'a aucun caractère spécifique du foie.
EXPLORATION BIOLOGIQUE
A - LES TESTS GENERAUX
D'ORIENTATION
Numération
formule sanguine : on
observe une hyperleucocytose à polynucléaires
neutrophiles
Vitesse de sédimentation globulaire augmentée
B - L'ELECTROPHORESE DES
PROTEINES
a) Variation des fractions
Voir tableau général des variations des fractions (tableau 3)
Le syndrome inflammatoire se
manifeste par :
- une diminution de l'albumine.
- une élévation des 1
globulines : orosomucoïde, 1
antitrypsine au cours
des inflammations aiguës.
- une élévation des 2
globulines : haptoglobine, céruléoplasmine et 2
macroglobuline au cours
des inflammations aiguës et chroniques.
- une élévation
des
globulines dans les hépatites, cirrhoses, cholestases
et les grands syndromes inflammatoires
chroniques.
- on note ici une diminution de la transferrine avec diminution du fer
sérique et une élévation de la C
réactive protéine et l'hémopexine.
- une élévation des gamma globulines :
. polyclonale dans les syndromes inflammatoires chroniques
. ou oligo-monoclonale
dans les syndromes inflammatoires importants (cancers, SIDA), ou les
cirrhoses.
b) Les glycoprotéines de la
réaction inflammatoire
Les 8 protéines de la
phase aiguë les plus importantes sont :
- le fibrinogène : 2,5 à 4 g/l - - gamma globuline
- 1
globulines :
. Orosomucoïde ou 1
glycoprotéine acide :
0,6 - 1,2 g/l
. 1
antitrypsine : 2 à 4 g/l
- 2
globulines
. Céruléoplasmine : transport du cuivre : 0,25 à 1,5 g/l (élévation modérée)
. Haptoglobine : transport de l'hémoglobine : 0,5 à 1,5
g/l (élévation importante)
. 2 macroglobuline : 2,2 - 3,8 g/l (élévation modérée)
. Certaines fractions du complément C1 et C9
- globulines
. Protéine C réactive (CRP) : elle précipite au contact du
poly-saccharide C du pneumocoque 0 - 20 mg/l. Son élévation est précoce.
. Hémopexine : 0,8 - 1g/l. C'est la cytochromophiline
(fixe l'hème de l'Hb quand il est séparé de la globine)
+ Fractions du complément :
C1r, C2 - C4 - C5
c) Variations de
l'électrophorèse des protéines au cours des hépatites et des cirrhoses
Voir exploration du métabolisme des protéines (équilibre
protéique)
L'électrophorèse représente seulement une valeur d'orientation.
C
- L'immunoélectrophorèse - l'immunofixatiON
Voir exploration du métabolisme des protéines (équilibre protidique)
d
- Les tests de floculatioN (abandonnes)
E
- Dosages spécifiques des
protéines de l'inflammation et
des immunoglobulines - Profil protéique inflammatoire
Les
techniques de dosages sont multiples : elles sont toutes immunologiques
Le fibrinogène : dosage par coagulation au fibromètre
Haptoglobine : dosage par méthode immunologique
ou basée sur les propriétés
peroxydasiques du complexe (Hb-Hp)
Profil
protéique inflammatoire
L'exploration portera sur l'association de plusieurs marqueurs
- une protéine
à cinétique rapide : CRP
- deux
protéines à cinétique lente : orosomucoïde
et haptoglobine Hp
Intérêt cliniques :
- Le profil protéique inflammatoire
permet :
1
de diagnostiquer, d'authentifier et de dater le syndrome inflammatoire
. la CRP apparaît à la 8ème heure, elle est maximum en 24 heures
. l'orosomucoïde et l'Hp sont décalées de 24 heures.
2
de le quantifier
3
de donner une orientation étiologique : ainsi les 3
sont élevées de façon plus importante au cours des affections bactériennes.
4de
suivre l'évolution de
l'inflamation
- La diminution de la CRP (1/2 vie brève) montre l'efficacité d'un traitement antibiotique ou anti-inflammatoire.
- La normalisation de
l'orosomucoïde et de l'Hp
est en faveur d'une guérison.
CONCLUSION :
En pratique courante, on retiendra 3 tests pour le suivi de la
réaction inflammatoire :
- la vitesse de sédimentation globulaire
- l'électrophorèse des protéines sériques - une glycoprotéine spécifique : haptoglobine
(faussée en cas d'hémolyse) ou orosomucoïde.
3°/ LE SYNDROME DE CYTOLYSE
C'est le syndrome du foie
présent mais lésé
Après une agression hépatique,
il se produit une modification de la perméabilité
de la membrane laissant échapper des constituants
cytoplasmatiques
A
- EXPLORATION BIOLOGIQUE
1
- Dosage du fer sérique
Le foie est le principal lieu de stockage du fer dans l'organisme
: 15 % du fer total (présent sous forme de ferritine). Taux plasmatique normal
: 6 à 32 mol/l. Son taux sérique est augmenté au
cours des hépatites : il est est proportionnel à l'étendue de la cytolyse,
il est maximum à la 3ème semaine de
l'ictère, et permet un diagnostic rétrospectif et un suivi de l'évolution
2 - Dosage de la
Vitamine B12
3 - Les enzymes de la
cytolyse
a)
Les aminotransférases ou transaminases
L'aspartate
aminotransférase ou TGO ou ASAT
L'alanine
aminotransférase ou TGP ou ALAT
Généralités :
ce sont les enzymes de la cytolyse
Elles catalysent le transfert d'un groupement aminé (NH2) d'un acide aminé sur un acide alpha cétonique. Elles interviennent dans le catabolisme des acides aminés et
assurent la production d'ammoniaque,
éliminée dans le cycle d'urée.
Caractères
1) ASAT ou TGO
- Localisation cellulaire :
Elle existe sous 2 formes moléculaires : la 1ère est cytoplasmique et la 2ème est située
dans la matrice mitochondriale. On
la trouve dans le coeur, le foie, le muscle squelettique et le rein.
Elle est considérée comme une enzyme cardiaque
(cerveau, pancréas).
. Dans les atteintes cellulaires légères : c'est la forme cytoplasmique qui est libérée.
. Dans les cytolyses sévères : la forme mitochondriale
est aussi libérée et les taux plasmatiques peuvent être très importants.1/2 vie moyenne : 17
heures
2) ALAT ou TGP
Elle est essentiellement cytoplasmique
et hépatique. On la trouve
également en plus faible proportion dans le rein, le muscle, le coeur et d'autres organes. C'est
l'enzyme la plus spécifique du foie
et des troubles hépatiques. 1/2 vie est de 47
10 heures.
Méthodes de dosage (figure
4)
METHODES
DE MESURE DES ACTIVITES TRANSAMINASIQUES
TGO : 5-60 U/l (H,F, E)

FIGURE 4 - TGO
TGO : 7-50 U/l (H,F, E)

FIGURE 4 - TGP
- Les méthodes utilisées de nos jours sont
spectrophotométriques (fig 4) : où
les réactions de transamination sont
couplées à des réactions indicatrices
mettant en oeuvre des oxydoréductases à
NAD. Elles utilisent la vitamine B6 comme cofacteur
(pour pallier le déficit de la vitamine B6 observé chez les dialysés rénaux).
Il est réalisé sur plasma hépariné ou sérum. Stabilité 24H à
Intérêt clinique au cours de l'hépatite aigue :
Le syndrome de cytolyse se manifeste par
une flèche plasmatique d'autant plus haute que l'étendue de la nécrose est importante.
Le pic se situe entre la 1ère et la 2ème semaine de l'ictère.
Retour à la normale en 5 à
6 semainessi la guérison est sans
séquelle.
TGP (x100) - TGO (x75) – un taux > 500U/l signe une
hépatite aigüe
TGO/TGP < 1. S'il
s'inverse, il faut penser à une atteinte
sévère
Le dosage des transaminases a une valeur diagnostique et pronostique :- le retour à la normale
signe une guérison ;- une retombée lente et incomplète signe une rechute, un passage à la chronicité
ou l'évolution vers une cirrhose.
b)
Les lacticodéshydrogénases : LDH
C'est l'enzyme clé du
métabolisme des hydrates de carbone.
La LDH catalyse de façon réversible la transformation du pyruvate en lactate en présence du coenzyme NAD+/NADH : dernière étape de la glycolyse.
C'est une enzyme cytoplasmique
que l'on trouve au niveau du coeur, globules rouges, rein, poumons, leucocytes,
foie, muscles selon la nature des isoenzymes.
C'est un tétramère constitué de deux types de sous unités :
- H pour "heart" : présente dans
le coeur et les tissus à métabolisme
oxydatif ; elle témoigne d'un métabolisme aérobie (coeur, cerveau,
GR)
- M pour "muslce
" présente dans le muscle et les tissus à métabolisme anaérobie (muscle, foie).
- En anaérobiose : réaction physiologique : c’est une pyruvate réductase
|
|
LDH5 |
|
|
pyruvate + NADH |
à |
lactate + NAD (+2ATP) |
|
|
pH 7,4 |
peu d'énergie produite |
- En aérobiose :c’est une lactate
oxydase
|
|
LDH1 |
|
|
lactate + NAD + O2 |
à |
Pyruvate + NADH |
|
|
pH 9 |
Néoglucogénèse + Energie Cycle de Krebs + 26 ATP |
Les 5 isoenzymes sont
composées des sous unités H et M en proportions variables :
Les LDH1 sont surtout
cardiaques et les LDH5 hépatiques.
Dosage des LDH totales
Ils sont réalisés par des méthodes
cinétiques : pyruvate lactate avec mesure de la disparition du
NADH à 340 nm. Stabilité à température ambiante, LDH4 et LDH5 sont instables à
NB : il faut éviter l'hémolyse car les LDH globulaires sont importantes.
Dosage des isoenzymes
- Après dénaturation chimique (urée
6M) ou thermique, on réalise une
séparation des isoenzymes par électrophorèse
sur hydragel (gel d'agarose) en
tampon véronal, à haut voltage ( 800 V - 30 mn). La révélation se fait par une
réduction en Bleu de Formazan
- L'isoenzyme
5 (2-10%) est augmentée :
. Au cours hépatites aiguës. Elle atteint dans ce cas 50 % des LDH totales. L'élévation persiste plusieurs semaines après la disparition
des autres signes cliniques et biologiques ;
. Dans les cirrhoses et les ictères par
obstruction : les LDH sont peu élevées
c)
Les aldolases
GénéralitésElle intervient dans la glycolyse anaérobie voie d’EMBDEN -
MEYERHOF
Structure
- isoenzymes et localisation tissulaire
C'est une enzyme
tétramérique, déterminant 3 isoenzymes
-
Forme A ; Fructose 1-6 aldolase : localisée dans les muscles et le myocarde
-
Forme B : Fructose 1 aldolase localisée surtout
dans le foie. La forme A est la forme circulante : d'où son intérêt dans les pathologies musculaires.
Variations
pathologiques :La F1 aldolase est augmentée au cours des hépatites.
d)
Autres enzymes
Elles seront
citées pour mémoire car peu
utilisées en pratique.
Isocitricodéshydrogénase
(ICDH)
C’est une enzyme du cycle de KREBS. Elle est augmentée dans : les hépatites virales, les poussées lytiques de cirrhoses, les cancers du foie
Ornithine
carbamyl transférase ou OCT:
C'est la 1ère enzyme du cycle de l'urée. C'est une enzyme très spécifique du foie mais elle est abandonnée
de nos jours car trop sensible.
Glutamate
déshydrogénase ou GLDH
Elle joue un
rôle essentiel dans le métabolisme des
acides aminés et la néoglucogénèse.
Dans les hépatites alcooliques, son taux est
très augmenté.
Le rapport TGO + TGP 25
à l'état normal.
GLDH
Il est >50 dans les hépatites. Il est <15 dans les ictères par
obstruction.
La
sorbitol déshydrogénase ou SDH
La gamma glutamyl transférase GGT
Elle est
augmentée au cours des hépatites aiguës
toxiques et virales et les hépatites
alcooliques.
La
malate déshydrogénase (MDH)
La
guanase

FIGURE 4 – autres enzymes
B - PATHOLOGIE HEPATIQUE
Aucune
enzyme n'étant spécifique d'organe,
il est nécessaire de surveiller l'évolution des atteintes hépatiques, par le
dosage de plusieurs enzymes : notion de profil enzymatique.
1
- Cinétique des transaminases
Elle peut se faire
selon 3 shémas :
a) Flèche initiale élevée et retombée
rapide : dans l’hépatite aiguë
b)
Flèche initiale moins élevée mais retombée lente et incomplète dans la cirrhose
ou le passage à l’hépatite chronique
c)
Absence de flèche initiale avec établissement d'un plateau dans la cholestase
ou la cirrhose évolutive.
2
- Profils enzymatiques au cours des atteintes hépatiques
a) Au cours des hépatites
.* Hépatites aigues : voir plus haut (transaminases)
* Hépatite
grave d'emblée ou compliquées :
3 cas sont possibles :
Coma
et collapsus cardiovasculaire pouvant évoquer un infarctus
.
Les transaminases orientent vers le foie ou le coeur
. Les CK indiquent
l'origine cardiaque.
Les
formes très graves peuvent donner des taux de transaminases modérées ou basses par épuisement du stock hépatique. Elles
sont de pronostic sombre.
Les hépatites
chroniques actives et les cirrhoses
se caractérisent par un plateau de transaminases modéré et persistant.
Mauvais pronostic.
b) Au cours des cytolyses, on note souvent une légère cholestase avec élévation
modérée des phosphatases alcalines. Dans la cirrhose alcoolique : on note
une élévation des transaminases, de
la GGT et de la GLDH. Dans le foie de
choc et foie cardiaque congestif aigu : les transaminases sont très élevées (surtout TGO).
c) Au cours des hépatites
médicamenteuses
- Elévation des transaminases avec la prise de paracétamol,
Isoniazide, Alphaméthyldopa et perhexiline,
anesthésiques généraux .
-
Elévation de la GGT avec la prise d'oestrogènes,
imipramine, phénobarbital.
4°/ SYNDROME DE CHOLESTASE
Définition
: C'est l'ensemble des manifestations liées
à la diminution ou l'arrêt de la sécrétion biliaire
Deux étiologies possibles :
- obstruction des voies biliaires (principales et autres)
- atteinte des hépatocytes (avec
diminution ou arrêt de la sécrétion et formation de la bile)
A - ETIOLOGIES
1°/
Cholestase extra-hépatique :
C'est une
obstruction de la voie biliaire
principale due le plus souvent à :
- une lithiase de la voie biliaire principale
- un cancer : pancréas, ampoule de Vater; voie
biliaire principale, vésicule, estomac
Deux caractères communs :
. l'obstruction est complète
. le traitement est chirurgical
2°/
Cholestase intra hépatique :
C'est une cholestase secondaire à :
a)
Une obstruction des voies biliaires intrahépatiques
due à un cancer
intrahépatique surtout mais aussi à une hémopathie maligne
b)
Une diminution ou un arrêt de la sécrétion
de la bile par les hépatocytes
-
cirrhoses
-
hépatites A ou chroniques (hépatite cholestatique)
Il y a alors CHOLESTASE + INSUFFISANCE HEPATOCELLULAIRE.
Toutes ces affections ont deux points communs :
- cholestase incomplète
- pas
de traitement chirurgical
B CONSEQUENCES DE
1°/ Dues à l'absence de bile dans le tube digestif et de bilirubine conjuguée
:
Syndrome de malabsorption des graisses
Décoloration des selles par absence des
urobilinogènes fécaux
2°/ Apparition dans le sang
des substances normalement éliminées par la bile : Bilirubine conjuguée, Acides biliaires
3°/ Augmentation de
synthèse réactionnelle par l'hépatocyte : de facteur V, des PAL et de cholestérol
4°/ Dépôt pigmentaire dans les hépatocytes et
les canalicules (thrombus biliaire)
5°/ Dilatation des voies biliaires
intra-hépatique en amont (cholestase extra-hépatique) àhépatomégalie
6°/ Réaction inflammatoire des espaces portes et sclérose portale
7°/ Infection biliaire ou
angiocholite
8°/ Si l'obstruction biliaire est
prolongée : fibrose portale ou cirrhose : cirrhose biliaire secondaire
C
C'est la
fonction la plus spécifique du foie
INTRODUCTION
La fonction
biliaire concerne à la fois la formation,
la sécrétion et excretion de
la bile
1°/
Composition et rôles de
Chaque jour, le
foie élabore environ un litre de bile.
Elle est isotonique au plasma
Elle est
constituée :d'eau : 90-95 %, d'électrolytes : Na, K, Cl, Carbonate
acide, de lipides : phospholipides : maintenus en
suspension sous forme de micelles, cholestérol,
glucides, protéines (un peu), pigments
et sels biliaires : ce sont les constituants principaux. Les pigments
biliaires correspondent à la bilirubine et à ses catabolites.
2°/
Métobolisme de la bilirubine et des
pigments biliaires
Ses
origines : (figure 5 - Annexes)
La bilirubine provient de la dégradation de l'hème qui peut avoir plusieurs origines :
- 80 % provient de la
dégradation des hématies
- 20 % proviennent :
. de la moelle par
l'érythrogénèse inefficace
. du catabolisme hépatique de l'Hème contenu dans la myoglobine, les cytochromes, la catalase,
la trypthophane pyrolase
Dégradation
de l'hème et formation de la bilirubine dans la rate et le foie
(figures 6 et 7
annexes)
L'hème est
libéré de son transporteur spécifique : l'Haptoglobine, globine, Hème dégradation
Transfert
sanguin
Elle est transportée dans le sang liée
à l'albumine par une liaison ionique réversible
Métabolisme hépatique : conjugaison
Captation
La bilirubine
est libérée de l'albumine et est captée par l'hépatocyte au niveau du pôle
vasculaire.
Conjugaison
(Figure 6) : glucuroconjugaison
Excrétion
La bibirubine conjuguée est soluble dans
l'eau ; elle est sécrétée par le pôle
biliaire de l'hépatocyte vers les canaux
biliaires intralobulaires, interlobulaires puis vers le canal hépatique,
canal cholédoque et enfin elle est
déversée dans le duodénum par le sphincter d'Oddi. C'est le constituant majeur de la bile. Mais on ne la trouve
jamais dans le plasma à l'état physiologique.
Etape
intestinale et cycle entéro-hépatique de la bilirubine et des urobilinogènes
A ce niveau, il se produit trois
phénomènes : (Figure 7 annexes : métabolisme
des pigments biliaires)
a)
Hydrolyse de la bilirubine conjuguée et cycle entérohépatique
b)
Transformation de la bilirubine conjuguée en stercolilinogène dans
l'intestin : après oxydation,
il colore les selles en brun.
c)
Métabolisme des urobilinogènes, cycle entéro-hépatique (figure 7)
Une partie de
ces pigments intestinaux intermédiaires est transformée en urobilinogènes
incolores.
3°/ Métabolisme
des acides biliaires
Figure 8 - annexes
Les acides biliaires
sont formés dans le foie à partir du cholestérol
Acides
biliaires primaires :
60 % du cholestérol
formé par jour est oxydé en 2 acides biliaires primaires :Acide cholique (3, 7, 12 OH), Acide chénodésoxycholique (3, 7 OH). Ils sont
excrétés dans la bile de façon discontinue sous forme de glyco et
taurocholates. Ils sont réabsorbés (90 %) dans l'iléon par un
transport actif et suivent un cycle entérohépatique
(plusieurs fois par jour).
Acides
biliaires secondaires
10 % des acides
biliaires arrivent au colon pour
donner : l'acide lithocholique (3OH),
l'acide désoxycholique (3-12OH). Une
partie est éliminée dans les selles, l'autre partie est réabsorbée et subit un cycle
entérohépatique. Au cours de la circulation entéro-hépatique, il se forme l'acide urso désoxycholique (acide biliaire tertiaire)
Ils favorisent
la solubilisation du col et des
phospholipides sous forme de micelles.
Les acides chénodésoxycholique et ursodésoxycholique sont utilisés en
thérapeutique pour dissoudre les calculs
cholestéroliques.
4°/ Métabolisme
du cholestérol
Il est synthétisé dans le foie à partir de l'acétoacétylcoenzyme A. Il est véhiculé dans la bile.
- une partie est excrétée
dans l'intestin coprostérol
selles
- une partie suit le cycle entérohépatique
5°/ Métabolisme
des enzymes
Certaines enzymes sont éliminés dans la bile
6°/ Mecanisme
de sécrétion de
La bile est produite par les cellules
hépatiques : c'est la bile primitive.
Elle est ensuite modifiée dans les voies biliaires par des phénomènes de
réabsorption/ sécrétion/concentration.
D
Exploration biologique
1°/ Dosages sanguins :
a) Dosages des bilirubines totales et conjuguées :
Principes
des dosages
Les méthodes utilisées actuellement sont des méthodes utilisant la réaction de diazotation copulation :
Méthode d'HYJMAN VAN DER BERGH/JENDRASSIK et GROF
Bilirubine + sels de diazonium azodérivés colorés
-
la réaction est instantanée avec la bilirubine
conjuguée ou directe(d'où son nom)
-
la bilirubine libre insoluble doit
être solubilisée
.
par l'alcool : mais la
réaction est lente
. par des anions organiques : caféine,
benzoate de Na
. par des tensioactifs (Brij) : méthodes récentes car instantanées, et il n'y
a pas de turbidités parasites en présence de sérums.
Exemple
de méthode : Chimie sèche : Vitros
plaque - Bili Totale :
diazotation en présence
de Dyphylline
plaque
- Bu Bc : Bilirubine libre et conjuguée : Mesure spectrophotométrique
. Dans les conditions optimisées, on mesure
la Do à 400 et 460 nm respectivement
maximum d'absorption de Bc et Bu
C'est une spectrophométrie
d'absorption différentielle à 400-460 nm
-
Valeurs usuelles : Bilirubine
totale : 3 - 22 mol/l
Bilirubine libre : 0 - 19 mol/l
(x 0.584 mg/l)
NNés
: 10 - 180 mol/l,
Bilirubine conjuguée : 0 à
5 mol/l
(NNés : 0 à 10)
b) Dosages des acides biliaires
. Méthodes actuelles : méthodes
enzymatiques colorimétrie (cf. méthode Fumouze (figure 9 annexe)
c)
Dosages des lipides et des lipoprotéines :
Dans les cholestases intra
et extra hépatiques, on observe dans le plasma une
élévation du cholestérol total : les sels
biliaires n'étant plus éliminés. Ils ne freinent plus la synthèse du
cholestérol
apparition de lipoprotéines anormales :Lp(x)
d)
Déterminations enzymatiques
- Certaines enzymes sont éliminées par la bile et sont donc
augmentées dans la circulation en cas d'obstruction biliaires.
- D'autres sont sécrétées en excès par
phénomènes réactionnels
1- LES PHOSPHATASES ALCALINES
Définition :
C'est une enzyme membranaire ubiquitaire : foie, os, rein, épithélium intestinal, placenta, galactophores.
Dans le foie : l'activité enzymatique se situe
au niveau des canaux biliaires et
dans la zone périportale des hépatocytes
(membranes microvillositaires).
D'où deux groupes d'isoenzymes :
-
les isoenzymes normales osseuse,
hépatique, intestinale ou placentaire.
- les isoenzymes anormales : dont la présence est toujours pathologique
Dosage de la phosphatase alcaline totale dans le sérum (figure 10 annexe)
Méthode courante :
paranitrophénylphosphate (incolore) paranitrophénol jaune mesuré à 405 nm

Résultats
- valeurs usuelles: 30 à 100 U/l
- chez l'enfant, les valeurs
sont deux à trois fois plus élevées du fait de la présence de l'isoenzyme osseuse au cours de la croissance
- chez
l'adulte sain : l'isoenzyme hépatique est majoritaire (pas de variations selon le sexe chez
l'adulte)
Séparation
des isoenzymes de la PAL par électrophorèse sur gel d'affinité
Variations
pathologiques : elle est
augmentée dans :
Maladies
hépatobiliaires
C'est l'enzyme de la cholestase par obstruction biliaire
extra-hépatique
L'association avec d'autres enzymes biliaires : 5'nucléotidase, PAL et GGT permet d'en
être sûr à 100 %.
hépatites, cirrhose
Maladies osseuses
La PAL est un
reflet de l'activité des ostéoblastes. C'est le complément du
bilan phosphocalcique.
2- LA 5' NUCLEOTIDASE ou 5'NU
C'est une enzyme
membranaire ubiquitaire : foie, rein, cerveau.
Dans le foie, on la trouve dans les parois des canalicules biliaires
Dosages :
Les substrats utilisés sont l'adénosine 5 PO4 ou l'inosine
5 phosphate (figure 11 ci-dessous)

Valeurs usuelles :
Pas de variations avec l'âge et le sexe
C usuelles à
Variations
pathologiques :
Une augmentation de 5' nucléotidase
signe une cause hépatique à l'augmentation des PAL.
- Intérêt dans le suivi des drogues hépatotoxiques (n'est pas
modifiée par les inducteurs enzymatiques comme la GGT)
- Autres causes hépatiques :
Hépatites virales aiguës, hépatomes, cancers du foie, métastases
hépatiques (taux proportionnel à l'invasion métastatique), hépatites
alcooliques, cirrhoses
3- LA LEUCINE AMINOPEPTIDASE : LAP
Elle est présente dans les cellules des petits canaux biliaires, lymphocytes
- La LAP circulante est surtout hépatique
Valeurs
usuelles : 8 à 22 UI/l (à
Les variations sont identiques à la PAL.
4-
LA GAMMAGLUTAMYL TRANSPEPTIDASE (GGT)
- La
GGT est localisée dans le foie,
les voies biliaires, rate, poumons, pancréas et rein (tube proximal et Anse
de HENLE). 90 % est membranaire, 10 % cytosolique
- On la trouve dans les hépatocytes et les cellules
mésenchymateuses
La forme circulante serait
surtout hépatobiliaire
L'alcool stimule la synthèse hépatique au niveau des membranes cellulaires
Dosage :

Valeurs
usuelles : 10 à 40 U/l
Variations
pathologiques
Augmentation des TGO - TGP - GGT - PAL
(modérée) : Nécrose hépatocellulaire
1) Hépatites aiguës
: toxique, virale ou
médicamenteuse
2) Hépatite chronique ou cirrhose
si GGT très élevée et TGO - TGP > 1 : c'est
une hépatite alcoolique
3) Hémochromatase idiopathique - Maladie de Wilson
Augmentation des PAL et GGT (transaminases moins de 5 fois la limite
supérieure)
-
C'est une cholestase extra ou
intrahépatique
-
L'activité est d'autant
plus élevée que la cholestase s'accompagne d'inflammation
Augmentation isolée de la GGT : pas d'affection hépatique
C'est un bon dépistage de l'alcoolisme chronique en association
avec le VGM et le rapport IgA/Transferrine
. Dans 60
% des cas, il y a augmentation de
. L'élévation est proportionnelle à l'importance de la lésion hépatique
. Le test
thérapeutique confirme le diagnostic (baisse du taux par arrêt de l'alcool : baisse de 50 % en 15 jours)
C'est une enzyme sensible à l'induction enzymatique par de nombreux médicaments
: antiépileptiques, contraceptifs oraux, anticoagulants.
Dans l'hyperthyroïdie
Chez 5 % des sujets sains sans prédisposition à une hépatopathie.
Conclusion :
C'est un examen sensible mais peu
spécifique en hépatologie.
L'activité GGT ne devrait pas être considérée comme
une enzyme de signification
cholestatique car son augmentation
peut résulter d'une inflammation lente du
canal hépatique et cholédoque.
5- LES TRANSAMINASES : TGO ou AST, TGP ou ALT
(traitées plus haut)
2°/ Dosages urinaires
1)
Pigments biliaires (bilirubine biliverdine) - Méthode de recherche par :
- oxydation
: méthode de GMELIN-GRIMBERT-KHUN
- par diazotation et copulation avec un sel de diazonium
comprimés ICTOTEST (diazotation d'ERHLICH) ou bandelette réactionnelle (AMES - BAYER
- BOEHRINGER)
2) Les sels biliaires
Mise en évidence par leur propriétés tensio
actives :
. Technique de HAY (à la fleur de soufre)
Méthode
de PETTENKOFER
Par action de l'acide sulfurique H2SO4 + saccharose
Formation
de dérivés furfuraliques et
coloration rouge.
Les urines sont foncées,
dites bilieuses et forment de la mousse par agitation.
3) Urobilinogène, urobiline
. Bandelettes réactives : réaction de diazotation directe
3°/ Dans les selles
Dosage du stercobilinogène foecal et de la
stercobiline/urobilinogène
4°/ Tubage duodénal
Dans les biles
A, B et C, on peut doser : la bilirubine, le cholestérol, les sels biliaires.
- Epreuve hyperpositive : stase vésiculaire
(volume de bile B important)
- Diminution de la bile : lithiase
- Absence de bile et de ferments
pancréatiques : cancer de la tête du pancréas.
E
Classification des ictères.
Différents types de classification :
1°/
Ictères par excès de production de
la bilirubine et par défaut d'élimination
2°/
Classification clinique basée
sur les trois stades du métabolisme de la bilirubine : (tableau 5 annexes)
Ictères
préhépatiques : ictères hémolytiques congénitaux acquis
Ictères
hépatiques : d'origine hépatocytaire
- déficits
enzymatiques : ictères du nouveau-né
- lésions
hépatocellulaires : hépatites, cirrhoses
- obstruction
intrahépatique : tumeurs
Ictères
post hépatiques : obstruction extra
hépatique
- lithiase/cancer de la tête du pancréas
3°/
Ictères cholestatiques et ictères non cholestatiques
C'est-à-dire liés à la baisse ou l'arrêt de la
sécrétion biliaire
4°/
Classification biologique :
Ictères à bilirubine libre......... : 70 % de la
totale
Ictères à bilirubine conjuguée : 80 % de la
totale
Ictères mixtes......................... : 50 % de libre/50 % de conjuguée
1 ICTERES A BILIRUBINE LIBRE
Ictères hémolytiques ou par excès
d'apport :
L'hépatocyte est débordé
- clinique : ictère léger, urines claires,
selles non décolorées, pâleur
cutanéomuqueuse signant l'anémie -
splénomégalie.
- Biologie : voir tableau 5
- Etiologies :
a)
Ictères hémolytiques héréditaires : anémies hémolytiques corpusculaires : Malformations globulaires (microsphérocytose
de MINKOWSKI - CHAUFFARD) Hémoglobinopathies
(Drépanocytose - thalassémie), enzymopathies
érythrocytaires (déficit en G6PD)
b) Ictères hémolytiques acquis :
hémolyse extracorpusculaire infectieuse, toxique, mais surtout immunologique : Hémolyse post transfusionnelle, incompatibilité foetomaternelle (si
bilirubine > 300 mol/l = nécessité d'une exsanguino transfusion)
La bilirubine libre s'accumule dans le SNC
(noyaux gris centraux) lésions irréversibles, c'est l'ictère nucléaire.
c) Divers : Excès d'érythropoïèse inefficace : Anémie de BIERMER, Thalassémie
Ictères par trouble de captation
(transfert) ou de conjugaison hépatocytaire
Ce sont des déficits
enzymatiques
Chez l'adulte :
1- Maladie de GILBERT
C'est une affection bénigne, héréditaire
(autosomale dominante) due soit :
- à un déficit incomplet en glucuronyltransférase
Il
s'agit d'un subictère chronique qui
évolue par poussée chez l'enfant ou l'adulte jeune - bilirubine < 20 mg/l
les autres tests sont normaux.
-2- Ictère médicamenteuse à
la Novobiocine : qui
inhibe la glucuromyltransférase
Chez l'enfant : 3 types de déficits en glucuronyltransférase
1 et 2- Maladie de
CRIGLER -NAJJAR : caractérisée par un déficit complet (autosomale récessive) ou incomplet (autosomale dominante) - Maladie grave, où l'hyperbilirubinémie
produit une encéphalopathie (syndrome de CRIGLER - NAJJAR), ictère nucléaire
3- Ictère physiologique du
nouveau-né : Il est dû à une immaturité
enzymatique ou à un déficit acquis dû à un inhibiteur présent dans le sang
ou le lait maternel. Il évolue favorablement
en quelques jour, avec exsanguinotransfusion si le seuil de 300 mol/l est dépassé.
2 ICTERES A BILIRUBINE CONJUGUEE
Ils
sont le plus souvent de nature cholestatique
: un obstacle sur les voies biliaires extra ou intrahépatiques bloque
l'écoulement de la bile dans l'intestin :
Les constituants
biliaires, bilirubine conjuguée envahissent le plasma (par stagnation en amont) et passent dans l'urine
La présence d'urobiline (urines) dépend de ce qui passe dans l'intestin et suit le cycle entérohépatique (urobilinogènes)
: donc de l'intégrité de la cellule
hépatique ou de la présence d'une obstruction.
Ictères
dus à un défaut d'excrétion cellulaire
Maladies héréditaires de DUBIN JOHNSON
et syndrome de ROTOR
- Clinique
: Maladie de DUBIN JOHNSON : Maladie héréditaire avec poussées d'ictères francs, sur un fond de
subictère chronique - sans gravité. A
la laparoscopie et à ponction biopsie
du foie, il apparaît un pigment noir
foncé (mélanine ou lipofuschine)
- Biologie
: Ictère mixte : à bilirubine libre + mais surtout conjuguée ++
urine : Bilirubine
dans l'urine (bilirubine
conjuguée) puisqu'il y a défaut d'exécution biliaire - urobiline+
Le syndrome de ROTOR : Il est très voisin du précédant. C'est un
ictère chronique familial à bilirubine mixte
Ictères
dus à un défaut de transfert, de conjugaison et d'excrétion : Ictères hépatocellulaires : Hépatites
toxiques et virales et cirrhoses
Biologie (tableau 5)
Ictères
par obstruction des voies biliaires
Extrahépatiques : Ictères par rétention
- Clinique :
Ictères
très foncés (bronzés), prurit,
bradycardie (présence des sels biliaires sanguins)
Urines
foncées, presque noires avec bilirubine
et sels biliaires
Selles
blanchâtres, décolorées : (absence d'urobilinogène) et stercobilinogène foecal),
graisseuses (l'absence de sels
biliaires entraîne une malabsorption des lipides)
Hépatomégalie
(gros foie de cholestase)
- Biologie : (tableau 5)
- Etiologies
- Lithiase
de la voie biliaire principale (ictère douloureux et fébrile)
- Cancer : pancréas, estomac,
cholédoque, Ampoule de Vater (ictère indolore et
apyrétique, toujours progressif - diagnostic par techniques de radiologie).
- Autres causes plus rares : lithiases
cystiques - pancréatites - parasitoses
Intrahépatiques
Même syndrome mais moins net car l'obstruction est partielle :
. Cancer du foie
. Hémopathies : granulomatose surtout
TABLEAU 5
EXPLORATION BIOLOGIQUE DES
ICTERES
|
|
|
|
|
Tableau 6 : BIOLOGIE ET PATHOLOGIE
HEPATIQUE |
||||
|
|
Insuffisance hépatocellulaire |
Cytolyse |
Inflammation |
Cholestase |
|
Exploration |
Albumine Electrophorèse protéines Acides aminés Fibrinogène-Temps Quick Fact coagulation NH4 – Urée Chol – Acides gras libres |
Fer – VitB12 Transaminases LDH – GGT F1 - Aldolase |
Electrophorèse des protéines |
Bili libre et conjuguée Sels biliaires Chol-Electro
prot PAL – GGT –
5’nucléotidase Pigments sels biliaires |
|
Hépatites
virales et toxiques |
+ |
++ |
+ |
+ bili lib + cong + |
|
Hépatite
cholestatique |
++ |
+ |
+ |
++ bili cong +++
pig sels bil |
|
Cirrhose |
+ |
TGO TGP + |
++ |
+ |
|
Cirrhose
alcoolique |
+ |
+ |
+ |
+ |
|
Cholestase
extra hépatique |
+ |
+ |
+ |
++ bili cong +++
pig sels bil |
|
Greffe
hépatique |
+ |
+ |
+ |
++ 1er signe de rejet |
Tableau 7 – Exploration hépatique
|
|
Tests biochimiques |
Insuffisance cellulaire |
Cytolyse |
Inflam. |
Cholestase |
|
GLUCIDES |
Glycémie |
â |
|
|
|
|
Glycosurie |
O |
|
|
|
|
|
Test galactosurie provoquée |
+ |
|
|
|
|
|
Test tolérance au fructose |
+ |
|
|
|
|
|
LIPIDES |
Lipides totaux |
â |
|
|
á |
|
Cholestérol total |
â |
|
|
á |
|
|
Cholestérol estérifié |
ââ |
|
|
|
|
|
Phospholipides |
â |
|
|
|
|
|
Test hyperlipémie provoquée |
á durée |
|
|
á durée |
|
|
PROTEINES |
Protéines totales |
â |
|
á |
á |
|
Albumine |
â |
|
â |
â |
|
|
globulines |
â |
|
á |
|
|
|
Alpha 1 |
|
|
+ á |
|
|
|
Alpha 2 |
â |
|
á |
á |
|
|
Beta |
â |
|
á |
á beta2 |
|
|
Gamma |
|
|
á puis â |
|
|
|
IgA |
|
|
á cirrhose |
|
|
|
IgA, G, M |
|
|
á tardif |
IgMá |
|
|
IgA / transferrine |
|
|
á |
|
|
|
Fibrinogène |
â |
|
|
|
|
|
Facteurs coagulation |
â |
|
|
|
|
|
PPSB |
â |
|
|
âVit K |
|
|
Temps de Quick |
á |
|
|
á |
|
|
Test de Kohler
(Vit K) |
Bas |
|
|
|
|
|
Test de
floculation |
|
|
Positifs |
Positifs |
|
|
COMPOSES AZOTES |
AA sang et urines |
á |
|
|
|
|
Urée |
ââ |
|
|
|
|
|
NH4 |
á |
|
|
|
|
|
Ac Urique |
ââ |
|
|
|
|
|
ENZYMES |
Col estérase |
â áAG lib |
|
|
|
|
Cholinestérase |
â |
|
|
|
|
|
Procaïne estérase |
â |
|
|
|
|
|
TGO TGP |
|
á, áá |
|
á, áá |
|
|
LDH 5 |
|
á |
|
|
|
|
Fructose 1
aldolase |
|
á |
|
|
|
|
ICDH, OCT |
|
á, á |
|
|
|
|
GLDH |
|
á |
|
â |
|
|
Transa / GLDH |
|
á >50 |
|
< 15 |
|
|
SDH |
|
|
|
|
|
|
PAL |
|
|
|
á |
|
|
GGT |
|
á |
|
á |
|
|
5’Nucléotidase |
|
|
|
á |
|
|
|
á Fer,
Vitamine B12 |
||||
|
COMPOSES BILIAIRES |
Bilirubine totale |
|
|
|
á |
|
Bilirubine conjuguée |
|
|
|
áá |
|
|
Urobilinogène |
|
|
|
á |
|
|
Pigments biliaires |
|
|
|
+ |
|
|
Sels biliaires |
|
|
|
+ |
|
|
Urobiline urinaire |
|
|
|
+ |
|
|
Stercobilinogène foecal |
|
|
|
â |
|
|
Tubage duodéna l :biles A,B,C |
|
|
|
â |
|
|
TESTS DE TRAVERSEE GLOBALE |
Clairance fractionnelle |
|
|
|
|
|
Test à la BSP : K1 |
â |
|
|
â |
|
|
Test à la BSP : K2 |
â |
|
|
Horizontal |
|
|
Test au rose bengale |
â pente 2 |
|
|
âpente3 |
|
|
Test au vert d’indocyanine |
|
|
|
|
|
|
Clairance mésenchymateuse à l’or colloïdal |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
HEPATITE |
+ |
+ |
+ |
+ |
|
CIRRHOSE |
+ |
+ |
+ |
+ |
|
|
Ictère par obstruction |
|
|
+ |
+ |
|
5°/ TESTS PREDICTIFS DE FIBROSE HEPATIQUE
ET DE L’ACTIVITE HISTOLOGIQUE DU FOIE
A
– FIBROTEST – ACTITEST
Le fibrotest explore l’index de fibrose hépatique
L’actitest
donne l’index d’activite histologique du foie.
Ils
correspondent au dosage de 5 ou 6 paramètres biochimiques très standardisés et
combinés à une analyse informatique et statistique des résultats.
·
Fibrotest correspond aux dosages de : l’haptoglobine, l’alpha
2 macroglobuline, l’apo A1, la bilirubine totale et la GGT. C’est l’index
estimatif de la fibrose.
·
L’actitest correspond aux paramètres précédents , plus l’ALAT
(TGP). Il estime la quantité nécrotico inflammatoire hépatique.
·
Ils sont ajustés en fonction de l’âge et du sexe et sont compris
entre 0 et 1.
|
ACTITEST |
Estimation du grade d'activité |
|
0,00-0,17 |
A0 |
|
0,18-0,29 |
A0-A1 |
|
0,30-0,36 |
A1 |
|
0,37-0,52 |
A1-A2 |
|
0,53-0,60 |
A2 |
|
0,61-0,63 |
A2-A3 |
|
0,64-1 |
A3 |
Résultats :
|
FIBROTEST |
Estimation du stade de Fibrose |
|
0,00-0,21 |
F0 |
|
0,22-0,27 |
F0-F1 |
|
0,28-0,31 |
F1 |
|
0,32-0,48 |
F1-F2 |
|
0,49-0,58 |
F2 |
|
0,59-0,72 |
F3 |
|
0,73-0,74 |
F3-F4 |
|
0,75-1 |
F4 |
B –
–Le stade de fibrose est estimé selon la
classification METAVIR en 5 stades F0 à F4.
•F0 : pas
de fibrose
•F1 :
Fibrose limitée à l ’espace porte
•F2 :
Fibrose modérée avec qq points fibreux
•F3 :
Fibrose étendue avec de nb points fibreux
•F4 :
Cirrhose
–Chez les
patientsts Hepatite C +, la fibrose n ’est pas systématique et ne survient
que chez 2/3 des patients.
–L ’importance
de la fibrose était évaluée jusqu’ici par la PBH : ponction biopsie
hépatique.
C –
–Acte invasif,
lourd, pratiqué sous Anesthésie locale ou AnesthésieGénérale
–Nécessite une
hospitalisation de 6 à 24H
–30% des
patients ont des douleurs après le geste
–3% des patients
ont des complications graves
–3/10.000 de
décès suite à la ponction
–Ces 2 tests
sont le résultat de travaux publiés dans le Lancet (Lancet 2001;537:1069-1075)
équipe de Pr T POYNARD.
–Brevet
international : AP-HP
–Licence
d ’exploitation : Bioprédictive SAS
–Site Web : http://www.biopredictive.com
–Le coût des 2
tests pour le patient est de 50 euros. Cette analyse informatique et
statistique n’est par remboursée par la SS.
|
|
PBH |
Marqueur sanguin |
|
Dépistage initial |
0 |
(+) validation en cours |
|
Physiopathologie |
(++) |
(+/-) |
|
Diagnostic du dégré lésionel |
(+++) |
(++) |
|
Pronostic |
(++) |
(+) validation en cours |
|
Surveillance |
(+/-) |
(+++) |
–De nombreuses
études sont en cours afin de valider à grande échelle ces 2 tests et dans
d ’autres indications que l ’hépatite C. Ils constituent une
alternative moins agressive que la PBH et est en voie de la supplanter.
Conclusion :
étude comparative des 2 explorations :
6°/ DEPISTAGE DE L’ALCOOLISME
A – GENERALITES
–Problème de
santé publique
–20 à 30%des
hommes consultent en médecine générale ou en hospitalisation pour un
« problème d ’alcool » :
•Consommation
excessive
•alcoolo-dépendance
•abstinence
totale secondaire
–Inégalité devant la toxicité de l ’alcool : rôle des facteurs génétiques? environnementaux ?
B – CONSOMMATION A NE PAS DEPASSER (OMS)
•Homme : 3
verres / jour
•Femme : 2
verres / jour
1 unité = 1 verre = 10g d ’alcool
•1/2 bière = 250
ml à
•ballon vin
rouge = 120-130 ml à
•Alcool fort =
40 ml à
•On a
approximativement la même quantité d ’alcool dans ces 3 cas
Alcoolisation
excessive : 6 verres par jour = 60g d’alcool
Dépendance = 8
verres par jour
Dépistage et
suivi biologique sont réalisés grâce à 3 paramètres :
–VGM
–GGT
–CDT
On note des problèmes de spécificité des 3
marqueurs et sensibilité : les marqueurs biologiques peuvent être
normaux même en cas d ’hépatopathie et/ou d ’alcoolisation excessive
1°/ VGM
–VGM =
macrocytose = consommation excessive d’alcool
– La
physiopathologie est imprécise :
•carence en
B12/Folates
•Troubles du
métabolisme des folates
•Toxicité
médullaire de l’alcool
–Macrocytose si
VGM > 98 µ3
•Sensibilité
variable selon les études : 45 à 87%
•Spécificité
variable selon les études : 62% à 82%
•Causes de faux
+
–Anémie
macrocytaire
–Grossesse
–Cirrhose
2°/ GGT
- GGT chez
consommateurs excessifs = induction
enzymatique
–Sensibilité =
50% si alcoolisation seule
–Sensibilité = 80%
si alcoolisation + atteinte hépatique
–Causes de faux
+ :
•Pancréatite
•Diabète
•IDM
•Tumeurs
(mélanome, K sein)
•Hyperthyroïdie
•Médicaments
inducteurs enzymatiques : anti-épileptiques, anticoagulants, barbituriques ….
|
GGT élevée |
GGT Normale |
|
Alcoolisation excessive en cours |
Alcoolisation excessive en cours |
|
Alcoolisation excessive récemment arrêtée |
Alcoolisation excessive récemment arrêtée |
|
Hépatopathie alcoolique |
Consommation modérée OH |
|
|
Abstinence complète |
|
|
Hépatopathie alcoolique dont cirrhose, avec abstinence complète |
3°/ 3- CDT
C ‘est la transferrine carboxy-déficiente ou transferrine
désialylée.
–La forme
majoritaire de transferrine (TRSF) dans le sérum comporte 4 acides sialiques.
Une consommation de plus de
*
Méthodes de dosages
–1- Séparation
des diverses formes de TRSF par chromato d ’échange d ’ions
sur microcolonne, puis élution et dosage par RIA ou
par Immunoturbidimétrie
–2- HPLC:
technque longue, dosage délicat (influence de la température, pblème de
reproductibilité)
–3-Electrophorèse
capillaire
*
Variations physiopathologiques
|
CDT augmentée |
CDT diminuée |
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Consommation OH |
TRSF diminuée |
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TRSFaugmentée (grossesse) |
|
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Synthèse anormale de TRSF (hépatome) |
|
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Hémochromatose |
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*
Evolution
– après
sevrage :normalisation
chez l ’abstinent
–1/2 vie = 16
jours
– réaugmentation de la CDT si reprise d’alcool
4°/ Récapitulatif
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Population générale |
Population éthyliques |
||
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Sensibilité |
Spécificité |
Sensibilité |
Spécificité |
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CDT |
0.31 |
0.92 |
0.85 |
0.9 |
|
GGT |
0.31 |
0.76 |
0.8 |
*** |
|
VGM |
0.17 |
0.93 |
*** |
*** |
5°/Dépistage d ’une alcoolisation
excessive :
–1ère intention
: GGT + VGM
–2ème intention
: CDT : problème de coût (B 100), difficultés méthodologiques.
–Intérêt de la
CDT : spécificité élevée
6°/ Suivi
–GGT /
CDT :1 mois après sevrage
–Si GGT et
CDT augmentées, un mois après : 2ème
dosage au 2ème mois
–VGM : pas avant le 2ème mois.