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Difficulté du groupage |
LES
DIFFICULTES DU GROUPAGE SANGUIN
Les réactifs utilisés doivent être conformes
aux caractéristiques et normes définies par la réglementation en vigueur,
agréés par l'AFSSAPS et validées par le CNRGS qui attribue un certificat et un
numéro attestant que le réactif est conforme. Le numéro CNRGS doit figurer sur
les flacons. Le numéro du clone doit figurer sur la fiche technique et le
flacon. A ce jour, le numéro AFSSAPS doit figurer sur l'emballage.
1) Groupage ABO
Chaque détermination de groupe sanguin ABO comporte 2 épreuves
complémentaires réalisées simultanément :
- L'épreuve
globulaire consistant à rechercher la présence des antigènes A et B avec les
réactifs anti-A, anti-B et anti-AB.
- L'épreuve
plasmatique consistant à rechercher les anti-A et anti-B avec des
hématies-tests A1 et B. Des contrôles de qualité internes appropriés sont
systématiquement utilisés.
Ces deux épreuves, doivent être réalisées en double par
deux techniciens, en dehors du contexte d'automation légalement prévu.
2) Groupage RH1 (il est
désormais indissociable du groupage ABO).
Chaque
détermination de groupe RH1 comporte l'étude des hématies à l'aide d'un réactif
" anti-RH1 + témoin ». Le réactif témoin étant de composition strictement
identique au réactif antiRH1 mais dépourvu de toute activité anticorps. Cette
détermination doit être réalisée en double par 2 techniciens, en dehors du
contexte d'automation légalement prévu.
3) Phénotypage RH-KEL1
La
détermination du phénotype RH-KEL consiste à rechercher la présence ou
l'absence des antigènes érythrocytaires : RH2, RH3, RH4, RH5 et KEL 1 à l'aide
de réactifs de préférence monoclonaux avec les contrôles de qualité internes
obligatoires.
4) Les contrôles qualités internes (COI)
Pour chaque série d'analyse, les réactifs utilisés pour la détection des
antigènes érythrocytaires des groupes ABO-RH1 et RH-KEL1 seront testés
vis-à-vis d'hématies-tests de groupe ABO-RH1 et RH-KEL1 connus. Ces contrôles
seront réalisés quotidiennement dans les mêmes conditions techniques que celles
des échantillons. Il sont précisément énoncés dans l'arrêté du 26 avril 2002.
La validation analytique du typage érythrocytaire repose sur :
1) Les résultats conformes des CQI
2) L'absence d'ambiguïté réactionnelle avec
chaque réactif
3) L'absence de double population
4) Un profil réactionnel cohérent
5) Absence de discordance entre deux
réalisations
6) Absence de discordance avec des résultats
antérieurs
Le groupe ABO: il sera conclu si le profil réactionnel
correspond à la grille d' interprétation suivante :
|
Groupe |
Anti-A |
Anti-B |
Anti-AB |
H.T.A1 |
H.T. B
|
|
A |
+++ |
- |
+++ |
- |
+++ |
|
B |
- |
+++ |
+++ |
+++ |
- |
|
AB |
+++ |
+++ |
+++ |
- |
- |
|
O |
- |
- |
- |
+++ |
+++ |
Les CQI comportent au minimum un échantillon de groupe A, B et O.
Toute incohérence entre l'épreuve globulaire et l'épreuve plasmatique impose de
ne pas valider le groupe sanguin, de rendre un conseil transfusionnel et
d'explorer l'anomalie.
Témoin AUTO: plasma du sujet + hématies du sujet
Témoin AB : sérum AB (ou milieu de dilution du réactif) + hématies
du sujet. Ce témoin, s'il est négatif, garantit l'épreuve globulaire.
Témoin ALLO : sérum du sujet + hématies-tests O. Ce témoin garantit, s'il
est négatif, l'épreuve plasmatique.
Le groupe RH1 : il sera conclu si la réaction avec le réactif témoin est
parfaitement négative. L'agglutination avec ce réactif témoignera de la
sensibilisation préalable in vivo des
hématies par un auto anticorps, un allo-anticorps, ou d'un phénomène de
rouleaux.
Elle imposera de pratiquer un test direct à l'antiglobuline (DAT) et
l'utilisation d'autres techniques ou réactifs pour le typage RH1. Ici encore,
la détermination par 2 techniciens utilisant 2 lots différents de réactifs et
témoins est actuellement obligatoire en dehors du contexte d'automation prévu
par l'arrêté du 26 avril 2002.
Le phénotype RH-KEL1 : il sera conclu si la réaction avec
le réactif témoin est parfaitement négative, les CQI valides et que les règles
de l'antithétisme sont respectées. L'agglutination avec ce réactif témoignera
là encore de la sensibilisation préalable in
vivo des hématies par un auto ou un allo-anticorps, ou d'un phénomène de
rouleaux. Elle imposera de pratiquer un DAT et l'utilisation d'autres
techniques ou réactifs pour le phénotypage RH-KEL1.
Toute anomalie impose de vérifier tout d'abord la conformité des réactifs
utilisés avec l'analyse des résultats obtenus avec les contrôles de qualité
internes, leur aspect et leur date de péremption. La constatation d'anomalie
impliquant les réactifs impose une destruction de ceux-ci et une reprise de
l'analyse avec d'autres réactifs conformes. De même, quel que soit le type
d'anomalie constatée, il faudra vérifier l'absence d'une altération de la
qualité de l'échantillon de sang à tester. Un prélèvement hémolysé (n'ayant pas
été conservé dans des conditions de température optimale) ou ancien impose de
prélever un nouvel échantillon de sang au patient.
I. Résultat invalide
a. Réaction ambiguë : agglutination faible ou
infra détectable
•
Contextes particuliers
Nouveau-né
Les antigènes des systèmes ABO et associés subissent une maturation post
natale. La densité antigénique à la naissance est donc inférieure à celle des
hématies de réactivité « adulte » acquise aux alentours de 2 ans. L'intensité
réactionnelle d'agglutination peut donc varier d'un réactif à un autre lors du
typage de ces hématies. Le document de groupage sanguin établi à cette occasion
n'a qu'une valeur provisoire, pendant une durée de six mois.
Un affaiblissement antigénique peut être observé chez certains sujets
âgés, en dehors de toute pathologie particulière.
A la faveur d'une infection, volontiers de type surinfection d'un cancer
colique, les hématies de patients de groupe sanguin A1 essentiellement, voient
sous l'action d'une dé-acétylase d' origine bactérienne, leur sucre
immuno-dominant la N-acétylgalactosamine, se transformer en galactosamine
(structure proche de l'antigène B dont le sucre immuno-dominant est un
galactose) que reconnaissent certains anti-B polyclonaux et quelques
monoclonaux mal sélectionnés (caractéristique devant être précisée par le
producteur). Ce phénomène est transitoire et le groupe A du patient pourra bien
être confirmé à distance de l'épisode infectieux.
Les phénotypes A faibles et B faibles définissent des hématies dont la
réactivité antigénique est inférieure à celle des hématies A2 et B « normales
». Dans certains cas, l'agglutination peut être extrêmement faible et la
présence des antigènes A ou B ne peut être confirmée que par une technique de
fixation-élution. Après confirmation sur un 2ème prélèvement, il convient d'établir
un document de groupage sanguin faisant état de ce phénotype particulier et
indiquer une attitude transfusionnelle adaptée.
La présence de phénotypes faibles dans les autres systèmes peut être
observée à l'occasion de typage érythrocytaire dans d'autres systèmes de
groupes sanguins. L'un d'entre eux est particulièrement important à déceler :
l'antigène RH 1.
b. Double population
Une image de double population est caractérisée par la présence
d'agglutinats sur fond rosé d'hématies libres. La réalité de cette image doit
être vérifiée au microscope. Elle peut être liée à l'existence de deux
populations d'hématies possédant des antigènes différents (post
transfusionnelle...) ou au comportement particulier des cellules en présence de
certains réactifs (phénotype A3 ... ).
*Double population
dans le système ABO
Présence d'un contexte clinique particulier
La double population est liée à la durée de survie des hématies
transfusées Le plus souvent, il s'agit d'une transfusion non isogroupe
compatible, mais il ne faudra pas méconnaître l'incompatibilité majeure ABO
liée à une erreur transfusionnelle. Après avoir vérifié le groupe sanguin
ABO-RH1 des hématies transfusées, il convient d'établir un document provisoire
de groupe sanguin en précisant la conduite transfusionnelle. Lorsque la
quantité de sang transfusé est importante, les hématies du patient peuvent être
masquées : c'est notamment le cas après transfusions in utero ou exsanguino-transfusions
à la naissance.
La double population est liée à l'existence d'hématies maternelles et
néo-fœtales. Un prélèvement de sang veineux est alors nécessaire.
La double population est transitoire et le témoin d'une « prise » de la
greffe en période post greffe immédiate. Cette image pourra ensuite disparaître
complètement avec un remplacement progressif des hématies du receveur par
celles du donneur. La réapparition d'une image de double population à distance
de la greffe est le témoin de la réapparition de la moelle du receveur donc
d'une rechute de sa maladie. Après avoir vérifié les groupes sanguins ABO-RH1
du donneur et du receveur, il convient d'établir un document particulier en
indiquant une attitude transfusionnelle adaptée.
Sujet âgé sans pathologie particulière
Certaines hémopathies malignes s'accompagnent de l'affaiblissement antigénique
des hématies issues des clones pathologiques. La double population évolue avec
la maladie en disparaissant en cas de rémission et réapparaissant en cas de
rechute. Après confirmation sur un deuxième prélèvement, il faut établir un
document immunohématologique provisoire avec une attitude transfusionnelle
adaptée.
Une double population vis à vis de plusieurs marqueurs peut être observée
chez des jumeaux dizygotes en raison de la greffe naturelle de cellules souches
hématopoïétiques pendant la vie embryonnaire. Après avoir analysé le phénotype
de l'autre jumeau et mis en évidence plusieurs doubles populations, il faut
établir un document immunohématologique faisant état de cette chimère
hématopoïétique et indiquer une attitude transfusionnelle adaptée.
Absence de contexte clinique particulier : phénotypes A faible et B
faible
Les phénotypes A faible et B faible définissent des hématies dont la
réactivité antigénique est inférieure à celles des hématies A2 et B
"normales". Certains de ces phénotypes peuvent donner des images de
double population sans que celle ci soit réellement séparable (phénotype A3),
alors que d'autres sont de véritables mosaïques génétiquement transmises
caractérisées par la présence de cellules porteuses de l'antigène A et d'autres
non porteuses de ce même antigène (phénotype A end). Après confirmation sur un
deuxième prélèvement, il convient d'établir un document de groupe sanguin
faisant état de ce phénotype particulier et indiquer une attitude transfusionnelle
adaptée.
•
Double population dans les autres systèmes de groupes sanguins
Dans les autres systèmes de groupes sanguins, des doubles populations
peuvent être observées. Les causes principales se rapprochent de celles
décrites pour le système ABO avec notamment la transfusion, la greffe de
cellules souches hématopoïétiques et la gémellité dizygote. La conduite est
identique aussi bien en terme d'exploration étiologique que d'établissement de
documents spécifiques.
II. Résultat incohérent
a) Discordance
entre les épreuves globulaire et plasmatique du groupe sanguin ABO
• Réactions par excès
Une réaction d'agglutination est constatée alors qu'elle n'était pas
attendue par la logique de l'interprétation des résultats du groupage sanguin.
Elle peut survenir à l'épreuve globulaire ou plasmatique.
A l'épreuve globulaire : en fonction des réactions observées
avec les témoins réglementaires, 3 groupes principaux d'hypothèses pourront
être évoqués.
Anomalies des réactifs : les réactions
observées avec le sérum AB (ou milieu de dilution d'un réactif monoclonal) et
le témoin autologue apparaissent négatives. Deux hypothèses principales peuvent
être évoquées : une contamination des sérums-tests qu'elle soit accidentelle ou
en rapport avec un anticorps supplémentaire présent dans un réactif polyclonal
ou un phénomène de type B (A) constaté avec certains anti-B monoclonaux très
puissants et mal sélectionnés, capables de détecter de petites quantités
d'antigène A sur une hématie réellement de groupe B.
Anomalies globulaires : les réactions avec le
sérum AB apparaissent positives alors que le témoin autologue est négatif
L'hypothèse d'une polyagglutinabilité est alors évoquée. Une hématie
polyagglutinable est agglutinée par des sérums humains adultes, immunologiquement
normaux, compatibles ABO et dépourvus d'allo-anticorps. Cette agglutination est
généralement liée à l'expression d'un antigène cryptique ou transformé contre
lequel des anticorps naturels existent dans la majorité des plasmas humains. La
révélation de ces antigènes globulaires étant le plus souvent le fait d'une
pathologie infectieuse (T ou B acquis) ou maligne (Tri).
Anomalies plasmatiques : la positivité des
réactions observées avec le sérum AB (ou le milieu de dilution d'un réactif
monoclonal) et le témoin autologue apparaissent en rapport avec la présence
d'un auto-anticorps plasmatique responsable de la sensibilisation des propres
hématies du sujet.
A l'épreuve plasmatique : l'observation d'une réaction non attendue à
l'épreuve plasmatique impose de pratiquer le témoin allo et en cas de
positivité de tester le plasma vis à vis d'une gamme d'hématies-tests
d'identification dans les mêmes conditions techniques que celles du groupage.
En fonction des réactions observées, plusieurs hypothèses peuvent être évoquées
:
• Réactions par défaut
Une réaction d'agglutination attendue par la logique de l'interprétation
du groupage sanguin ABO n'est pas observée. Elle peut survenir à l'épreuve
globulaire ou plasmatique.
A l'épreuve globulaire : avant
d'évoquer les hypothèses classiques, il convient de valider l'anomalie, à
savoir, confirmer l'absence d'agglutination attendue et ne pas la confondre
avec une hémolyse des hématies du sujet par l'action de réactifs mal conservés.
Contexte clinique particulier : l'absence
d'agglutination attendue à l'épreuve globulaire peut être liée à l'absence ou à
la faible maturation néonatale des antigènes ABO ou à la disparition
progressive de ceux ci à la suite d'une hémopathie maligne. De même, on peut
observer des sécrétions pathologiques de substances solubles de groupes
sanguins ABO dans les kystes ovariens et les cancers des organes digestifs. En
raison de la quantité importante de substances de groupe produites et déversées
dans le plasma, il peut y avoir inhibition d'hémagglutination en cas
d'utilisation de réactifs polyclonaux, mais aussi avec certains monoclonaux.
Dans ces conditions, la reprise d'une épreuve globulaire après lavage des
hématies permet de lever l'anomalie.
En l'absence de contexte clinique particulier : on évoquera la
possibilité de phénotypes ABO faibles dont la présence des antigènes ne pourra
être détectée que par des techniques sensibles de type fixation-élution.
A l'épreuve plasmatique : ici aussi,
il conviendra avant d'évoquer les hypothèses classiques, de valider l'anomalie,
c'est-à-dire de confirmer l'absence d'agglutination, à ne pas confondre avec
une hémolyse des hématies-tests par l'action des hémolysines anti-A ou anti-B
présentes dans le plasma du patient.
L'absence des anticorps attendus pourra être observée dans cinq contextes
différents chez :
-
le nouveau-né : il s'agit d'un état
physiologique d'immuno-immaturité,
-
le sujet âgé immuno-déprimé,
-
le sujet atteint d'hypo-gammaglobulinémie ou
d'agammaglobulinémie congénitale ou acquise (traitement immunosuppresseur,
myélome, Waldenstrôm, LLC ... ),
-
le receveur de cellules souches
hématopoïétiques,
-
les jumeaux dizygotes en cas de greffe
réussie de cellules hématopoïétiques pendant la vie intra-utérine.
b) Réaction témoin positive
La réalisation de tout typage érythrocytaire
comporte obligatoirement l'utilisation d'un sérum-test contenant l'anticorps
spécifique de l'antigène à rechercher et d'un réactif témoin négatif de
composition strictement identique au sérum-test fourni par le même producteur
mais dépourvu d'activité anticorpale. Toute réaction positive constatée avec le
réactif témoin remet en cause la validation du typage érythrocytaire et en
particulier toute réaction positive constatée avec le sérum-test. On conçoit le
risque transfusionnel ou obstétrical notamment en ce qui concerne l'antigène RH
1, de valider par erreur sa présence chez un receveur de produits sanguins
labiles ou chez une femme RH : -1 non immunisée anti-RH 1 venant d'accoucher
d'un enfant RH 1.
La positivité d'une réaction avec le réactif témoin peut parfois être le
fait d'un phénomène de rouleaux, constaté dans certaines pathologies lymphoprolifératives
où l'excès de synthèse d'immunoglobulines est responsable d'un empilement en «
pile d'assiette » des hématies qui est facilement distingué au microscope,
d'une réelle agglutination. La réalisation du typage après lavage des hématies
permettra de lever cette incohérence et de valider le groupage.
Le plus souvent, la positivité d'une réaction avec le réactif témoin est
le fait d'une sensibilisation in vivo des hématies dont les étiologies sont les
suivantes :
- maladie hémolytique du nouveau-né,
-
incident immunologique de transfusion
sanguine,
-
anémie hémolytique auto-immune,
- anémie hémolytique immuno-allergique.
Il conviendra dans ces situations de réaliser les typages avec 2 lots
différents d'anticorps monoclonaux de nature IgM utilisables en milieu salin.
c) Absence de deux antigènes antithétiques
La majorité des systèmes de groupes sanguins possède des phénotypes rares
dits silencieux ou « nul » caractérisés le plus souvent par l'absence de deux
antigènes antithétiques. Deux antigènes sont dits antithétiques quand l'absence
de l'un implique forcément la présence de l'autre comme cela est expliqué dans
l'exemple ci-dessous :
-
si RH2 est absent alors RH4 est forcément
présent
-
si FYl est absent alors FY2 est forcément
présent.
Pour les
phénotypes partiellement silencieux du système RH, il peut y avoir absence à la
fois :
- des
antigènes RH3 et RH5 et la délétion partielle est notée RH : 12-3-4-5,
- des antigènes RH3, RH5, RH2 et RH4 et
la dé délétion partielle est notée RH : 1-2-3-4-5.
Pour les
phénotypes totalement silencieux ou RH « nul », il y a absence de tous les
antigènes du système RH et le phénotype est noté RH : -1-2-3-4-5.
Exemples de
phénotypes silencieux dans les autres systèmes de groupes sanguins
- FY : -1 -2 du système FY, - JK : -1 -2 du système JK.
La problématique
posée par ces phénotypes silencieux est liée à l'absence d'antigènes dits
publics (portés par la majorité des individus) et la possibilité de posséder
les anticorps correspondants, soit de manière naturelle (anti-H des sujets hh
et sese) ou allo-immune (anti-FY3 des FY : -1, -2, anti-JK3 des JK : - 1, -2)
avec les conséquences obstétricales et transfusionnelles qui s'y rattachent.
III.
Discordance entre deux réalisations
Les résultats
sont relus par une tierce personne. En cas de confirmation des résultats,
l'analyse est reprise avec d'autres réactifs ou dans d'autres conditions
techniques. En cas de persistance de l'anomalie, l'analyse est transmise à un
laboratoire spécialisé. En effet, en fonction des réactifs utilisés, la
constatation d'une divergence entre deux réalisations peut être liée à des
phénotypes particuliers, comme c'est le cas pour l'antigène RH1 par exemple :
la divergence de résultat entre deux réalisations peut être liée à deux
particularités phénotypiques caractérisant cet antigène :
a. Antigène RH1 faible
Il s'agit d'un déficit quantitatif et global d'antigènes RH 1 à
la surface de l'hématie dont la détection est directement liée au seuil de
sensibilité de la technique utilisée et à la performance des réactifs mis en
oeuvre. Ces hématies peuvent être alors étiquetées RH : -1 en technique de
routine alors que la mise en oeuvre de techniques plus sensibles peut détecter
la présence de l'antigène à leur surface. Si cette situation n'a pas
d'incidence chez le receveur de produit sanguin qui sera transfusé en RH1, elle
peut avoir des conséquences cliniques plus importantes si un antigène RH 1
n'est pas décelé sur un don de sang et chez un nouveau-né issu d'une mère RH :
-1.
La technique traditionnelle est le test
indirect à l'antiglobuline qui doit être pratiqué selon les mêmes règles que le
typage RH1 standard. Cependant, cette organisation n'est pas satisfaisante, car
le groupage des hématies des sujets de phénotype RH1 faible est effectué en 2
étapes. L'utilisation conjointe de réactifs monoclonaux sélectionnés pour leur
performance vis-à-vis des phénotypes RH1 normaux et affaiblis, associés aux
nouveaux procédés comme la filtration et à l'utilisation d'enzyme protéolytique
(broméline) permet d'augmenter la sensibilité du test et de détecter les
variants RH1 faible en une seule étape.
b.
Antigène RH1 partiel
L'antigène RH1 est constitué d'une mosaïque de sous unités toutes
présentes chez le sujet RH1 et toutes absentes chez le sujet RH : -l. Chez
certains sujets, un ou plusieurs épitopes peuvent être manquant et définir le
variant RHI partiel . La transfusion de ces sujets avec du sang RH1 (ou une
grossesse incompatible) est susceptible d'entraîner une allo immunisation
anti-RH1 vis-à-vis des épitopes qui leur font défaut. Certains de ces
phénotypes s'expriment avec une antigénicité subnormale (RH1 partiel VII),
d'autres s'expriment avec une antigénicité affaiblie du fait d'un déficit
quantitatif associé (RH1 partiel VI). Il semblerait que ce soit ces derniers
qui s'immunisent le plus facilement, aussi il serait peut être judicieux
d'utiliser, pour le groupage des receveurs, au moins un anti-RH1 ne
reconnaissant pas le variant RH1 partiel VI (cette caractéristique sera
précisée sur la notice du fournisseur).